Pub clandestine: si même les allemands s'y mettent...

Publié le par Tricard

Le licenciement de Thilo Kleine, patron de la Bavaria, énorme société de production germanique, pour cause de publicité clandestine aggravée et répétée, nous apprend une chose : la publicité n'est pas perçue comme une perversité diabolique qu'en France. Et que le même problème, celui de l'interdiction du placement produit à la télévision, est posé ailleurs en Europe.

Alors, résumons-nous: les productions faites pour la télévision n'ont pas le droit de se financer par le placement produit. D'où ces floutages permanents, et apparemment incongrus, dans nos reportages, et d'où l'absence de marques dans nos téléfilms.

Mais... et c'est là que le système montre son absurdité: les américains, vous savez, le grand satan capitaliste, blah blah blah, autorisent, ou plutôt n'ont pas pris la peine d'interdire aux producteurs de financer une partie de leur programme par ce biais.

Résultat: nous diffusons des téléfilms et des séries US dans lesquelles les flics posent une canette de Coca light sur leur table ou roulent en Pontiac, sans pouvoir y faire grand chose. Mais on ne peut pas voir le losange sur la Renault de Navarro, non...

Autre paradoxe imbécile(pardon, je m'échauffe, c'est l'été, qui fait transpirer Baudis et s'énerver les bloggeurs): la législation sur le placement de produit ne s'applique pas non plus aux films de cinéma. D'où les nombreux plans sur le lion de la Peugeot de Sami Naceri dans Taxi et ses sequels*, diffusés à la même heure et le même jour qu'un téléfilm unitaire de 90'.

Pour revenir sur les Etats-Unis, où les téléspectateurs sont considérés - à tort bien entendu, c'est forcément nous qui avons raison - comme des adultes, la question qui se pose est plus de savoir comment et à quel moment émettre un avertissement à l'usage de l'audience avertissant que le programme fait appel à du placement produit.

Voici la source mon agacement : au lieu de se poser la question, légitime, de la nature du produit qui est mis en avant dans un programme, et de l'autoriser ou de l'interdire au regard de considérations éthiques ou de santé publique, on préfère légiférer par le haut et interdire unilatéralement une source de revenus qui pourrait profiter à nos programmes et les rendre plus compétitifs.

Par exemple: une barre chocolatée hyper-calorifère absorbée avec gourmandise par un skate-boarder dans une série pour enfants risque d'avoir un effet incitatif favorisant l'obésité infantile. On ne le permet pas.

Deuxième exemple: les héros d'une série vont s'acheter des meubles ches Ikea. Certes, on n'est pas obligé d'aimer les étagères en bois Strondlü** ou les meubles TV Skrùvlö**, mais ça ne fait pas de tort vraiment à qui que ce soit...

* sequel = suite d'un film à succès
** je n'ai aucune idée du vrai nom des meubles Ikea. Je tiens à préciser que je ne fais pas de pub clandestine sur mon blog!


PS : Pour un argumentaire chiffré en faveur du placement produit dans la prod audiovisuelle, voir un article écrit ici même le 31 mars 2005, intitulé : Pas d'argent dans les programmes, à qui la faute?






Publié dans media-tv

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