Présidence de France Télévisions : service public des intérêts privés

Publié le par Tricard

And the winner is...

Ca y est, le quarté + est sorti : les cinq candidats admis à postuler au titre de Président(e) de France Télévisions ont été désignés.

Ils étaient 17.

Ils ne sont plus que 5.

Il ne peut en rester qu'un(e)...

Ca vous a un furieux air de Star Ac', tout ça... Ce qui est marrant, c'est que ce n'est pas le public qui vote. C'est l'élite, enfin, l'élite qui se délite, puisque une majorité de membres du CSA nommés par des représentants d'une droite en fin de parcours ont pour mission de désigner un ou une Présidente pour 5 ans à la tête du holding qui détient France 2, France 3, France 5, RFO et sa déclinaison, France Ô, ainsi que France 4, la petite dernière pour le numérique hertzien (soit par exemple 42% du temps d'antenne des chaînes hertziennes analogiques, tout de même...)

Mais au fait, le CSA, il désigne comment ceux qui il autorise à se présenter devant lui? C'est pas très clair, tout ça.

Bon, pronostiquons :

1. Marc Tessier est le sortant. Il a été élu manager de l'année en 2004 par Le nouvel économiste. Il a assaini les comptes et son bilan est plutôt bon, côté audiences. Ne jugesons pas la qualité (hum...). MAIS : il est de gauche et 8 sages sur 9 sont de droite. Rappelons qu'il y a les élections présidentielles en 2007.

En outre, il a fortement irrité l'actuel Président du CSA, Dominique Baudis, en ne le soutenant pas lors de ce qu'on a appelé "l'affaire Baudis". Ca fait beaucoup de handicap. Exit Tessier? Pas si sûr, mais c'est tout de même mal barré.

2. José Frèches : l'outsider total. Ancien patron du Midi Libre. Sauf qu'il est proche de Chirac. Et puis il aime l'art. C'est un peu bordélique tout ça.

3. Simone Halberstadt Harari : une grande dame de la production audiovisuelle. Seule femme candidate. Ca joue en sa faveur, probablement, mais est-elle vraiment là pour le poste ou pour se faire entendre?

4. Norbert Balit : ancien directeur général adjoint d'i-tele. S'est déjà banané à la succession de Cavada à Radio France. Encore une banane?

5. Patrick de Carolis : le préféré de Bernadette. Ca compte. Il a écrit un livre sur la Sainte patronne des pièces jaunes, et son émission Des racines et des ailes est unanimement reconnue comme l'une des meilleures de la télé publique. Par ailleurs directeur du très virulent hebdo Le Figaro Magazine, qui n'hésite pas à faire sa couverture sur le Pape plusieurs fois par an, même quand il ne meurt pas, voire à encenser les écrits les plus subversifs de Jean D'Ormesson ou les spectacles les plus extravagants de Robert Hossein. En plus, il fait équipe avec Duhamel, vieux routier de l'audiovisuel giscardien. Autant dire qu'il est le mieux placé pour incarner la télévision publique en cette fin de règne chiraco-pathétique.


Mais au fait, ils ont choisi comment au CSA? Je sais, j'ai déjà posé la question, mais ça m'obsède. Par exemple, sur quels critères se sont fondés nos chers sages pour éliminer de la course Zaïr Kedadouche, membre du haut conseil à l'Intégration ou encore Daniel Boudet de Montplaisir, ancien vice-président de Radio France qui a piloté la mission gouvernementale pour la TNT?

Ca manque de transparence, tout ça... Non?

Publié dans France télévisions

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