Les médias peuvent-ils se passer de pub?

Publié le par Tricard

Les vilains publicitaires jouent avec notre temps de cerveau disponible pendant que l'industrie s'en met plein les fouilles! Pas si simple…

Pour financer un média, quel qu'il soit (tv, radio, presse, internet…), il n'y a pas 36 solutions. L'argent vient d'en haut (Etat, collectivités, etc.), d'en bas (acheteurs, abonnés, rares contribuables payant la redevance), ou d'à côté, c'est-à-dire de l'industrie, via la pub. Il y aussi le mécénat et les médias qui s'auto-financent, modèles marginaux. Aucune de ces modalités n'est exempte d'arrière-pensées. L'Etat qui paie pour la télé, c'est l'ORTF et la censure. L'abonné à Canal ou à un bouquet satellitaire, c'est la télé censitaire. L'abonné ou l'acheteur du journal ne peut en aucun cas suffire à financer les frais de publication ou on n'a que des journaux de 8 pages bichromés, type Canard ou Charlie.

Finalement, la pub, pour financer les médias, c'est pas si mal, car les annonceurs sont nombreux. Ok! On ne lira jamais un article dans Elle ou Cosmo sur l'inefficacité des crèmes anti-rides. Vous en connaissez beaucoup des journalistes qui sont prêts à se tirer une balle dans le pied en disant du mal d'un gros industriel? Quand on sait que le plus gros annonceur français, Renault, pèse moins de 2% du marché, on comprend pourquoi les journaux ont pu parler de la Velsatis folle sans subir de pressions.

Un autre problème, c'est quand la publicité vante des comportements débiles (le petit garçon livré à lui-même qui se goinfre de yaourts au chocolat et accuse son poisson rouge devant une mère béate) ou carrément mensongers ("l'équivalent d'un grand verre de lait" dans une barre de chocolat par ailleurs bourrée de saloperies). Là, les associations de consommateurs, les mouvements anti-pub et les médias ont un rôle à jouer pour que les instances de contrôle (BVP et CSA) fassent leur boulot et appliquent la loi.

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